Réunion d’information : L’approche par compétences (APC) : une attaque contre la liberté pédagogique et contre les droits des étudiant-es – lundi 13 avril 12h15 en amphi 3 Paul Valéry

Lors du CEVU du mardi 17 mars, un document intitulé “Cadrage des structures d’enseignement 2027-2031” (téléchargeable ici) a été présenté aux élu-es pour information, avec un refus explicite du VP-CEVU de soumettre ce document au vote au CEVU, pourtant instance compétente pour déterminer la politique de formation de notre établissement. 
Le document de Cadrage évoque d’emblée, de manière à la fois floue et injonctive, que “l’université de Montpellier Paul-Valéry s’est engagée dans une démarche d’élaboration des maquettes fondée sur l’approche par compétences” pilotée par la DIVEP (Direction de la valorisation, de l’entrepreneuriat et de la professionnalisation) et que “cette évolution implique une transformation de l’organisation des enseignements, notamment dans la structuration des semestres (mutualisation, nombre d’éléments, etc.) ainsi que dans les modalités de contrôles des connaissances – MCC (types et natures d’épreuves, etc.)”.
Il faut ici distinguer d’un côté la simple mise en adéquation entre les maquettes et les référentiels de compétences, laquelle relève d’une obligation réglementaire – certes absurde et détestable – et de l’autre la mise en oeuvre de l’approche par compétences (APC) qui n’est nullement imposée par les textes réglementaires mais qui implique une refonte des formes de l’enseignement et des modalités d’évaluation, et remet en cause la liberté pédagogique des enseignant.es. C’est bien une transformation profonde des modalités d’enseignement et d’évaluation des connaissances qui est ici visée, avec des effets sur les conditions d’études, sur les conditions d’enseignement et sur les conditions de travail de l’ensemble des agent-es.

L’APC : une pression sur les modalités d’enseignement et d’évaluation du bloc disciplinaire

Pour le bloc disciplinaire, si le document de cadrage indique que les résultats des étudiant-es pourront continuer à s’exprimer en note, il souligne aussi qu’“il est fortement préconisé de privilégier des modalités d’évaluations fondées sur des macro-compétences”. De fait, toute obligation ferme de basculer vers l’approche par compétences serait particulièrement malvenue alors qu’il n’y a aucune obligation réglementaire dans ce sens. L’arrêté licence évoque les compétences, mais n’impose en rien une pédagogie par compétences fondée sur des mises en situation ou des dispositifs spécifiques. Rien ne saurait donc justifier l’imposition d’un tel cadrage aux équipes pédagogiques.
La Direction des études et de la scolarité (DES) et le VP-CEVU l’ont reconnu lors des discussions au CEVU du 17 mars : il s’agit bien d’une préconisation, et non d’une obligation. Ce n’est pourtant pas la forme sous laquelle le document de cadrage est descendu vers les composantes et départements, où il a parfois été présenté ou perçu comme un cadrage contraignant à la mise en œuvre de l’APC.
Il est donc essentiel de clarifier qu’il n’y a là absolument aucune obligation et de réaffirmer, contre toute tentative d’imposer l’APC aux équipes pédagogiques, la liberté pédagogique des enseignant-es à déterminer aussi bien les contenus que les modalités d’évaluation.

La validation acquis/non-acquis : le retour d’un système bloquant pour les étudiant-es

Les nouvelles règles de validation et de compensation envisagées pour les enseignements dits “communs” (langues, MTU, transition écologique) constituent une régression majeure pour les étudiant·e·s. Selon le document de cadrage, ces enseignements communs ne seraient plus évalués par des notes mais selon la modalité “acquis/non-acquis”, les sortant ainsi du système de compensation.
Nous nous souvenons de la bataille menée en CEVU pour mettre fin au quitus de MTU et du PPP, qui bloquait des étudiant-es en conditionnant leur passage à l’année supérieure à l’obtention de ce seul module, quels que fussent leurs résultats universitaires par ailleurs. Ce qui nous est imposé aujourd’hui généraliserait ce principe à l’ensemble du bloc des enseignements communs : un semestre ou une année entière pourrait ne pas être validé·e du fait de la non-validation d’enseignements périphériques, et ce même en présence de très bons résultats disciplinaires.
Le tronc commun deviendrait ainsi un verrou structurel au détriment de la réussite étudiante. Ce mécanisme risque d’accroître les inégalités, de fabriquer de l’échec artificiel, et de faire de ces enseignements transversaux le cœur opérationnel des maquettes — non par leur valeur pédagogique, mais par leur pouvoir de blocage. Ce n’est pas la vision de l’université que nous défendons.
La mise en place d’un tel système rendrait aussi nécessairement plus complexe et plus difficile le travail des secrétariats pédagogiques et des gestionnaires de scolarité, en raison d’une multiplication des opérations de transcription (des notes vers les compétences et vice versa) et des situations où des étudiant-es auraient validé le bloc disciplinaire mais pas “acquis” les enseignements communs, et vice versa.

Nous revendiquons :

  • la soumission de cette note de Cadrage au vote du CEVU
  • l’abrogation de la préconisation de l’APC pour le bloc disciplinaire
  • l’abandon de la modalité “acquis”/”non-acquis” pour les enseignements communs et le retour de la compensation intégrale

Pour en discuter, nous appelons à une réunion d’information sur le sujet lundi prochain 13 avril à 12h15 en amphi 3*

Signataires : SUD éducation UMPV, CGT des universités de Montpellier, Le Poing levé, SCUM, SNASUB-FSU UMPV, SNESUP-FSU UMPV, SESL, SNPTES UMPV
*Cette réunion d’information a été déposée comme heure d’information syndicale. Chaque agent-e est libéré-e de ses obligations de service sur le temps de cette heure d’information syndicale et peut donc y participer sur son temps de travail.

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