De Frontex à l’ICE : l’UE durcit sa machine anti-migrants – Non au règlement retour !

Le 26 mars 2026, l’Union Européenne a adopté un texte scandaleux sous les applaudissements des eurodéputé-e-s d’extrême droite et de droite : le règlement retour. Une machine visant à enfermer, expulser et criminaliser les exilé-e-s, dans la continuité des politiques racistes menées par l’Union Européenne (UE) avec sa milice Frontex, inspirée des pires pratiques de l’ICE (la police anti-migrants de Trump/Biden).

Qu’est ce que prévoit ce texte ?

Détention de masse pour les exilé-e-s

  • L’enfermement devient la règle, non plus l’exception.
  • La durée maximale passe de 18 à 24 mois, voire illimitée en cas de « risque sécuritaire ».
  • Les personnes vulnérables et mineur-e-s peuvent aussi être enfermé-e-s.
  • Les détentions seront cumulables d’un État à l’autre.

Expulsions accélérées et externalisées

  • La création de « hubs de retour » : des camps d’expulsion dans des pays tiers, hors de tout contrôle européen.
  • La possibilité d’expulser vers des pays où la personne n’a jamais mis les pieds.
  • La reconnaissance mutuelle des décisions d’expulsion entre États membres sans réexamen individuel possibles.
  • Les expulsions seront exécutables avant toute décision définitive sans possibilité de recours.

Criminalisation renforcée

  • L’élargissement des motifs de « risque sécuritaire » au-delà des crimes graves.
  • L’Interdictions d’entrée pouvant être définitives et prononcées même après le départ de la personne.
  • Traque policière généralisée : fouilles, perquisitions, restriction de circulation, confiscation de documents.

Attaque contre l’État de droit

  • Neuf États membre de l’UE demandent ouvertement d’assouplir la Convention européenne des droits de l’Homme.
  • Fichage généralisé et partage de ces données personnelles avec des pays sans garanties sur leur utilisation.

Frontex : la Milice anti migrants de l’Union européenne

Frontex, présentée comme une simple agence de gestion des frontières, est en réalité l’un des piliers de l’Europe forteresse. Dotée de moyens financiers et humains toujours plus importants, elle coordonne les opérations de surveillance, d’interception et d’expulsion des personnes migrantes aux frontières de l’UE. Mais derrière ce vernis institutionnel, Frontex incarne une logique de traque et de contrôle, où les exilé-es sont traité-es comme des menaces à neutraliser. L’agence est régulièrement accusée d’être impliquée dans des refoulements illégaux, en violation directe du droit international. Avec le règlement retour, un nouveau cap pourrait être franchi.

En s’inspirant des pratiques de l’ICE aux États-Unis : détention de masse, expulsions accélérées, criminalisation systématique. L’Union européenne ouvre la voie à un renforcement massif des pouvoirs de Frontex. L’agence pourrait devenir le bras armé d’une politique d’expulsion à grande échelle, opérant bien au-delà des frontières européennes, en lien avec des États tiers peu soucieux des droits humains. Derrière le langage technocratique, c’est bien une milice européenne chargée de traquer, enfermer et expulser qui est en jeu. Le règlement retour ne fait pas qu’organiser les expulsions mais il donne à Frontex les moyens de les industrialiser.

Alors on fait quoi ?

Les négociations entre Commission Européenne, Conseil européen et Parlement européen vont s’ouvrir. C’est maintenant qu’il faut nous mobiliser, avant que ce texte ne devienne définitif ! Pour en savoir plus et se mobiliser, rendez-vous jeudi 9 avril à partir de 19h à la librairie la Symbolique du Poulet (13 rue des soldats) pour une soirée informative contre le règlement retour et contre le pacte asile et immigration organisée par le collectif anti-CRA de Montpellier en compagnie d’intervenant-e-s de la Cimade !

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